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Comment préparer un reporting extra-financier efficace

Dans un environnement économique où la transparence et la responsabilité sont devenues des impératifs, le reporting extra-financier s'impose comme un levier stratégique incontournable. Il permet aux entreprises de rendre compte de leurs performances en matière d'environnement, de social et de gouvernance (ESG), tout en répondant aux attentes croissantes des parties prenantes. Mais comment structurer un reporting extra-financier pertinent, fiable et conforme aux exigences réglementaires ? Nous vous proposons une approche en cinq étapes clés.

Pourquoi effectuer un reporting extra-financier ?

Le reporting extra-financier désigne la publication d’informations relatives aux performances ESG d'une entreprise, et vise à fournir une vision claire et précise des impacts non financiers d'une entreprise. Contrairement au reporting financier, centré sur les résultats économiques, il met en lumière les impacts non financiers des activités d’une organisation, ainsi que les risques et opportunités associés à ces enjeux, que ce soit dans les domaines de l'environnement (gestion des ressources naturelles, émissions de gaz à effet de serre, biodiversité), du social (conditions de travail, égalité des genres, inclusion, santé et sécurité des employés) et de la gouvernance (éthique des affaires, lutte contre la corruption, composition des instances dirigantes...).

Effectuer un reporting extra-financier permet de répondre à plusieurs objectifs :

Au-delà de la simple obligation réglementaire, ce reporting est un outil stratégique qui permet de renforcer la confiance des investisseurs et des consommateurs, d’améliorer la réputation et l'image de marque de l'entreprise, d’attirer et de fidéliser les talents, ou encore d’identifier et de gérer les risques liés aux enjeux ESG.

Se conformer aux exigences réglementaires

Depuis l'adoption de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), les entreprises concernées doivent publier chaque année un rapport de durabilité intégré à leur rapport de gestion. Les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) définissent les informations à fournir et leur format. Elles introduisent également le concept de double matérialité, qui oblige les entreprises à évaluer à la fois l'impact de leurs activités sur les enjeux ESG et l'impact de ces enjeux sur leur performance financière.

Le cadre a toutefois été profondément remanié par la directive Omnibus, entrée en vigueur en 2026. La CSRD ne s'applique désormais qu'aux entreprises dépassant simultanément 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net, et le calendrier a été repoussé de deux ans pour les vagues 2 et 3, avec des premiers rapports attendus en 2028 et 2029. Les normes ESRS font par ailleurs l'objet d'une simplification, avec une réduction du nombre de points de données obligatoires.

Les entreprises sorties du périmètre obligatoire ne sont pas pour autant dispensées de tout effort : leurs donneurs d'ordre, banques et investisseurs continuent de leur demander des données ESG. Le standard volontaire VSME, développé par l'EFRAG, leur permet de structurer leur reporting sans être soumises directement à la CSRD.

Identifier les indicateurs clés de performance (KPI)

Pour garantir la pertinence et la fiabilité du reporting, il est essentiel de sélectionner des indicateurs adaptés aux spécificités de l'entreprise. Voici quelques exemples de KPI prenant en compte les trois piliers ESG :​

Il est recommandé de limiter le nombre de KPI à ceux qui sont réellement significatifs pour l'entreprise, afin d'éviter la surcharge d'information et de garantir la lisibilité du reporting .​

Collecter et fiabiliser les données

La qualité du reporting dépend directement de la fiabilité des données collectées. Il est donc crucial de mettre en place un processus rigoureux de collecte et de vérification des informations :​

Des solutions logicielles spécialisées peuvent faciliter cette tâche en automatisant la collecte, la consolidation et la vérification des données .​

Rédiger et présenter le reporting

Une fois les données collectées et validées, il convient de les présenter de manière claire et structurée. Le reporting doit :​

Il est également recommandé d'accompagner le reporting d'une analyse de matérialité, qui justifie le choix des indicateurs et leur pertinence pour l'entreprise.

FAQ – Reporting extra-financier

Quelle est la différence entre reporting extra-financier et rapport RSE ?
Le rapport RSE est une démarche de communication souvent volontaire, dont l'entreprise choisit librement le format et le contenu. Le reporting extra-financier désigne un exercice plus normé : il répond à des obligations réglementaires (directive CSRD, normes ESRS) et suit des standards précis en matière d'indicateurs, de format et de vérification. En pratique, le rapport de durabilité exigé par la CSRD constitue la forme la plus aboutie du reporting extra-financier.

Quelles entreprises sont soumises au reporting extra-financier obligatoire ?
Depuis la révision de la CSRD par la directive Omnibus, l'obligation concerne les entreprises dépassant simultanément 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net. Les autres entreprises ne sont plus directement soumises, mais restent souvent sollicitées par leurs clients grands comptes ou leurs banques, qui leur demandent des données ESG. Elles peuvent alors s'appuyer sur le standard volontaire VSME.

Qu'est-ce que la double matérialité ?
C'est le principe fondateur des normes ESRS. Il impose d'analyser les enjeux ESG sous deux angles complémentaires : l'impact de l'entreprise sur l'environnement et la société (matérialité d'impact), et l'impact de ces enjeux sur la performance financière de l'entreprise (matérialité financière). Un sujet est retenu dans le reporting dès lors qu'il est significatif sous l'un ou l'autre de ces angles.

Le reporting extra-financier doit-il être vérifié par un tiers ?
Oui, les rapports de durabilité établis dans le cadre de la CSRD doivent être vérifiés par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant (OTI), selon un niveau d'assurance modérée. Cette vérification porte sur la conformité aux normes ESRS et sur le processus d'identification des informations publiées.

Combien de temps faut-il pour préparer un premier reporting extra-financier ?
Un premier exercice complet demande généralement 12 à 18 mois : analyse de double matérialité, définition des KPI, mise en place des processus de collecte, puis rédaction et vérification. C'est pourquoi il est recommandé de réaliser un exercice « à blanc » un an avant la première publication obligatoire.

Quels métiers recrutent autour du reporting extra-financier ?
La montée en puissance des obligations de durabilité crée une forte demande pour les profils de responsable RSE, chargé de reporting ESG, analyste extra-financier ou consultant en durabilité. Ces métiers combinent maîtrise des référentiels (ESRS, GRI, ISO 26000), gestion de données et capacité à dialoguer avec les directions financières — des compétences développées dans les formations spécialisées en RSE.

Le reporting extra-financier est un outil stratégique essentiel pour les entreprises souhaitant démontrer leur engagement en matière de durabilité et répondre aux attentes des parties prenantes. Pour maîtriser cet exercice complexe, il est indispensable de se former et de se doter des compétences nécessaires. Les formations proposées par Ecopia, telles que notre Bachelor en RSE, offrent un accompagnement complet pour comprendre les enjeux du reporting extra-financier, maîtriser les normes en vigueur et acquérir les compétences pratiques qui vous permettront de débuter une carrière professionnelle dans ce domaine.​

En investissant dans la formation, vous vous dotez des clés pour accompagner les entreprises dans leur transition vers une économie durable et responsable. Notre école de formation aux métiers de la RSE saura vous accompagner tout au long de votre parcours.