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Index égalité professionnelle femmes-hommes 2026 : calcul, obligations et refonte 2027

Chaque année, la même échéance revient pour des dizaines de milliers d'entreprises françaises : publier avant le 1er mars leur index égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. En 2026, cette obligation s'accompagne de deux évolutions qui méritent l'attention des directions RH et QHSE. D'une part, le quota de la loi Rixain pour les cadres dirigeants entre en application dans les grandes entreprises. D'autre part, une refonte de l'index lui même est annoncée pour 2027, dans le sillage de la directive européenne sur la transparence salariale. Voici ce qu'il faut savoir pour rester en conformité et anticiper les changements à venir.

Qu'est-ce que l'index égalité professionnelle Egapro ?

L'index égalité professionnelle, souvent appelé index Egapro, a été instauré par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, dite loi Avenir professionnel. Il vise à objectiver les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes au sein d'une même entreprise, sur la base d'indicateurs chiffrés plutôt que de simples déclarations d'intention.

Sont concernées toutes les entreprises d'au moins 50 salariés, quel que soit leur secteur d'activité. En dessous de ce seuil, aucune obligation légale ne s'applique, même si rien n'empêche une structure plus petite de mener volontairement ce type d'analyse dans le cadre d'une démarche RSE globale, comme le rappelle notre article sur les indicateurs RSE.

Comment calculer l'index égalité homme femme ?

Le calcul de l'index égalité professionnelle repose sur un barème noté sur 100 points, construit à partir de plusieurs indicateurs dont le nombre et la pondération varient selon la taille de l'entreprise.

Pour les entreprises de 50 à 249 salariés, quatre indicateurs sont retenus :

L'écart de rémunération entre les femmes et les hommes, calculé par catégorie de poste et tranche d'âge, pèse jusqu'à 40 points. L'écart de taux d'augmentations individuelles compte pour 35 points. Le pourcentage de salariées ayant bénéficié d'une augmentation à leur retour de congé maternité représente 15 points. Enfin, la présence d'au moins quatre femmes ou quatre hommes parmi les dix plus hautes rémunérations rapporte jusqu'à 10 points.

Pour les entreprises de 250 salariés et plus, un cinquième indicateur s'ajoute : l'écart de taux de promotions entre les femmes et les hommes, ce qui modifie légèrement la pondération de l'écart de rémunération et du taux d'augmentations individuelles.

Chaque indicateur est calculable uniquement si l'entreprise dispose de données suffisamment fiables et représentatives. Lorsqu'un indicateur ne peut pas être calculé, faute de données exploitables, le nombre de points maximum atteignable est réduit d'autant, et l'index final est ramené sur cette base réduite. Ce mécanisme explique pourquoi deux entreprises de taille comparable peuvent afficher des scores très différents sans que cela reflète nécessairement un écart de traitement plus ou moins marqué.

La période de référence retenue pour le calcul est l'année civile précédente. L'index publié en 2026 porte donc sur les données de l'année 2025.

Déclaration et publication : l'échéance du 1er mars

Les entreprises concernées doivent calculer, déclarer et publier leur index chaque année avant le 1er mars. La déclaration se fait via la plateforme dédiée du ministère du Travail, en même temps que la déclaration sociale nominative. Le résultat global, ainsi que le détail de chaque indicateur, doit également être publié de manière visible et lisible sur le site internet de l'entreprise lorsqu'elle en dispose, et communiqué au comité social et économique.

Cette transparence n'est pas qu'une formalité administrative. Elle s'inscrit dans une logique plus large de reporting extra financier, que l'on retrouve également dans des cadres comme la CSRD.

Seuils d'alerte, 75 et 85 points : ce qu'ils déclenchent

Le score obtenu déclenche des obligations différentes selon deux seuils.

En dessous de 75 points sur 100, l'entreprise est considérée en situation d'inégalité significative. Elle dispose alors de trois ans pour se mettre en conformité, en négociant ou en définissant unilatéralement des mesures de correction. Passé ce délai, si le score reste insuffisant, l'entreprise s'expose à une pénalité financière pouvant atteindre 1 % de sa masse salariale annuelle.

Entre 75 et 85 points, l'entreprise doit publier les mesures de correction qu'elle envisage de mettre en œuvre, sans pénalité immédiate, mais avec une obligation de progression suivie.

Au delà de 85 points, aucune mesure corrective n'est exigée, l'entreprise étant considérée comme ayant atteint un niveau satisfaisant d'égalité salariale.

Dans les faits, ce mécanisme de seuils fonctionne comme un signal d'alerte progressif plutôt que comme une sanction automatique, ce qui laisse aux entreprises le temps d'agir avant toute conséquence financière.

Loi Rixain : le quota de 30 % pour les cadres dirigeants dès 2026

Au delà de l'index Egapro, les entreprises d'au moins 1 000 salariés sont soumises depuis le 1er mars 2026 à une nouvelle obligation issue de la loi Rixain du 24 décembre 2021, codifiée à l'article L.1142-11 du Code du travail.

Cette loi impose un quota minimal de représentation de chaque sexe parmi les cadres dirigeants et les membres des instances dirigeantes. Depuis le 1er mars 2026, ce quota est fixé à 30 % minimum de femmes ou d'hommes dans ces populations. Il sera porté à 40 % au 1er mars 2029, ce qui laisse aux entreprises un peu plus de trois ans pour ajuster leurs politiques de promotion interne et leurs plans de succession.

Le non respect de ce quota n'entraîne pas de sanction immédiate. Les entreprises disposent d'un délai de mise en conformité avant qu'une pénalité financière, pouvant elle aussi atteindre 1 % de la masse salariale, ne s'applique à partir de 2030 en cas de manquement persistant.

Ce délai n'est cependant pas un luxe superflu. Selon les chiffres communiqués par le ministère du Travail, une entreprise déclarante sur trois n'atteint pas encore la cible de représentation équilibrée fixée par la loi. Ce constat souligne l'ampleur du travail à mener sur les parcours de carrière et la détection des talents féminins pour les postes de direction, un sujet qui rejoint directement les enjeux de gouvernance abordés dans la démarche de double matérialité.

Vers une refonte de l'index en 2027

L'index égalité professionnelle tel qu'il existe depuis 2018 n'est pas figé. Une refonte de sa méthodologie est annoncée pour 2027, dans le contexte de la transposition en droit français de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, adoptée en 2023 par l'Union européenne.

Cette directive doit être transposée par les États membres d'ici juin 2026. Elle impose des obligations sensiblement plus exigeantes que le dispositif Egapro actuel, notamment en matière d'accès des candidats et des salariés à l'information sur les niveaux de rémunération, de reporting sur les écarts salariaux par catégorie d'emploi équivalente, et d'audits obligatoires lorsque l'écart dépasse un certain seuil.

L'articulation entre l'index Egapro existant et les nouvelles exigences européennes devrait se traduire, à partir de 2027, par une évolution du barème actuel, voire par de nouveaux indicateurs mieux alignés avec la logique de transparence salariale portée par le texte européen. Les entreprises ont donc intérêt à ne pas considérer leur index comme un exercice figé, mais à anticiper dès maintenant un renforcement des exigences de traçabilité et de justification des écarts de rémunération, dans la continuité des obligations déjà en vigueur avec la directive Omnibus.

Comment se préparer à ces obligations avec Ecopia

Entre le calcul annuel de l'index Egapro, le suivi du quota de la loi Rixain pour les entreprises de plus de 1 000 salariés, et l'anticipation de la refonte 2027, les équipes RH et RSE doivent maîtriser un cadre réglementaire de plus en plus dense. Ecopia accompagne les entreprises dans la structuration de ces démarches, à travers des formations Bachelor RSE et Développement Durable et nos Cycles Mastères Responsable RSE dédiées à l'égalité professionnelle, au reporting extra financier et à la conformité RSE. Ces parcours permettent aux responsables RH, RSE et QHSE de sécuriser le calcul de leurs indicateurs, de préparer leurs plans de correction et d'intégrer ces obligations dans une stratégie RSE cohérente plutôt que dans une logique de conformité isolée.

Questions fréquentes sur l'index égalité professionnelle

Toutes les entreprises doivent elles publier un index égalité femmes hommes ? 

Non, seules les entreprises d'au moins 50 salariés sont concernées par cette obligation. En dessous de ce seuil, aucune déclaration n'est requise, même si le sujet peut être intégré à une démarche RSE volontaire.

Que se passe t il si une entreprise n'atteint pas 75 points ? 

Elle dispose d'un délai de trois ans pour engager des mesures correctives, par accord collectif ou décision unilatérale. Si le score reste insuffisant à l'issue de ce délai, une pénalité pouvant atteindre 1 % de la masse salariale annuelle peut s'appliquer.

Le quota de la loi Rixain concerne t il toutes les entreprises ? 

Non, ce quota de représentation équilibrée parmi les cadres dirigeants et les instances dirigeantes s'applique uniquement aux entreprises d'au moins 1 000 salariés, avec un seuil de 30 % depuis le 1er mars 2026 et de 40 % à partir du 1er mars 2029.

L'index Egapro va t il disparaître avec la refonte de 2027 ? 

Rien n'indique une suppression pure et simple. Il s'agit plutôt d'une évolution de sa méthodologie, pour l'aligner avec les exigences de la directive européenne sur la transparence salariale, dont la transposition en droit français est attendue d'ici juin 2026.

Ce qu'il faut retenir

L'index égalité professionnelle reste, en 2026, une obligation incontournable pour toute entreprise de 50 salariés et plus, avec une échéance de publication fixée au 1er mars sur la base des données de l'année civile précédente. Les grandes entreprises doivent désormais également composer avec le quota de représentation équilibrée imposé par la loi Rixain parmi leurs cadres dirigeants. Et la perspective d'une refonte de l'index en 2027, portée par la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale, invite dès à présent les entreprises à muscler leur capacité de suivi et de justification des écarts de rémunération.